Le 28 janvier 2026
« Notre travail commence à porter ses fruits. Félicitations à toutes et à tous . Mais nous devons continuer à nous battre afin que ces politiques soient bien mises en œuvre . » – Marissa Alexander, directrice générale de Réseau pour une alimentation durable
L’annonce de cette semaine concernant l’Allocation canadienne pour l’épicerie et les besoins essentiels et la Stratégie nationale de sécurité alimentaire représente une avancée majeure pour le mouvement pour la souveraineté alimentaire au Canada. Cette annonce est le résultat d’un travail de longue haleine.
Félicitations à nos partenaires de Droit à l’alimentation pour avoir mené la charge pour l’Allocation pour l’épicerie et les besoins essentiels, une mesure qui améliorera concrètement la vie de près de 12 millions de Canadiens. Consultez leur déclaration [en anglais] pour en savoir plus sur les prochaines étapes.
Nous avons hâte de travailler avec le gouvernement et nos partenaires pour créer une Stratégie nationale de sécurité alimentaire — nous espérons qu’elle sera fondée sur des données probantes, et dotée d’un mandat interministériel clair.
Nous saluons l’annonce d’un Fonds de 150 millions de dollars pour la sécurité alimentaire et l’investissement de 20 millions de dollars au Fonds des infrastructures alimentaires locales comme des étapes importantes, bien que des investissements nettement plus importants soient nécessaires. Les engagements visant à renforcer le Bureau de la concurrence et à mettre en œuvre l’étiquetage des prix à l’unité sont également encourageants.
Lors des dernières élections fédérales, notre campagne Je mange donc je vote a présenté 10 recommandations au gouvernement entrant. À la suite de l’annonce du premier ministre Carney, 5 d’entre elles connaissent des avancées significatives.
Il reste 5 politiques à réaliser pour Réseau pour une alimentation durable. À la suite de notre mémoire budgétaire 2026, corédigé avec le Réseau des communautés nourricières et signé par plus de 80 partenaires, nous continuerons à réclamer :
- Le renforcement de l’Allocation canadienne pour enfants avec un supplément pour le Nord
- L’élaboration d’un plan d’action pour l’approvisionnement alimentaire local
- Le soutien à l’accès à la terre pour les agriculteurs et le respect des droits des travailleurs migrants
- Le développement d’alternatives, comme des épiceries publiques, à l’oligopole dans le commerce du détail,
- Des politiques ciblées de sécurité alimentaire pour les communautés racisées, alors qu’environ 40 % des ménages noirs et autochtones sont en situation d’insécurité alimentaire
Malgré ces avancées, nous sommes profondément préoccupés par les compressions annoncées dans le secteur public, en particulier à Agriculture et Agroalimentaire Canada et à l’Agence canadienne d’inspection des aliments. Ce sont nos collègues. Nous savons que sans eux, les agriculteurs et les consommateurs subiront inévitablement les conséquences, et que les progrès seront beaucoup plus difficiles à réaliser.
Bien que nous soyons d’accord pour réduire notre dépendance aux États-Unis, il est tout aussi essentiel de revoir en profondeur notre modèle axé sur l’exportation. Plus de la moitié des aliments que nous consommons sont importés, alors que plus de la moitié de ceux que nous produisons sont exportés. Plutôt que de diversifier nos marchés d’exportation, nous devons inverser la logique : relier les fermes canadiennes aux consommateurs canadiens. Pour y parvenir, des investissements urgents sont nécessaires en matière d’infrastructures, de distribution et dans des alternatives de vente au détail. Nous exhortons également le gouvernement à maintenir et protéger la gestion de l’offre.
Enfin, nous souhaitons voir un engagement clair envers une Stratégie nationale alimentaire intégrée plutôt que cloisonnée au sein d’un seul ministère. Pour ce faire, le gouvernement doit réactiver le Conseil consultatif sur la Politique alimentaire du Canada et assurer une participation significative de la société civile.
Nous savons qu’il n’existe pas de solutions miracles. La souveraineté alimentaire implique de s’attaquer simultanément à la pauvreté, aux chaînes d’approvisionnement défaillantes et à la concentration des entreprises. Nous sommes encouragés par l’approche multidimensionnelle adoptée par le gouvernement. Toutefois, dans les années à venir, nous aurons besoin de votre appui pour obtenir des changements encore plus importants.