Entrevue avec Sarah Kim du Vancouver Neighbourhood Food Networks

Nous nous sommes entretenus avec Sarah Kim, coordinatrice du Vancouver Neighbourhood Food Networks, sur la façon dont le mouvement alimentaire de Vancouver fait face aux défis posés par la Covid-19, sur le potentiel de mobilisation ainsi que sur sa vision du changement en matière de politiques.

 

Quelle est la mission du Vancouver Neighbourhood Food Networks ?

« Notre travail consiste à établir des relations et à utiliser les aliments comme vecteur. Il s'agit avant tout de rassembler les gens et de mettre en évidence le fait que nous avons tous besoin les uns des autres. »

 

Comment la pandémie a-t-elle affecté votre travail ?

Pour le Vancouver Neighbourhood Food Networks, la pandémie de la Covid-19 a affecté le travail des réseaux de l’organisme, car très peu d'entre eux s'occupaient de l'accès à la nourriture en cas d'urgence avant que la crise n’éclate. Lorsque la pandémie a frappé, ces réseaux ont réorienté leur travail vers la fourniture de denrées alimentaires. Certains groupes se sont également adaptés en créant des programmes en ligne, comme par exemple des ateliers de cuisine communautaire. Kim a remarqué de nouvelles opportunités et des points positifs amenés par la pandémie.

« La particularité de cette pandémie est la capacité à avoir des conversations avec des personnes à qui vous n'auriez jamais pu parler auparavant, et à réunir des personnes que vous n'auriez pas pu réunir auparavant. »

 

Quels sont les éléments que vous souhaiteriez voir mis en œuvre au niveau national ?

« Une évolution importante de la part du gouvernement serait d’établir des politiques qui permettraient de donner aux gens un revenu de base suffisant pour vivre. Je pense que ça tombe sous le sens de s'attaquer aux causes réelles de l'insécurité alimentaire et ainsi relever les défis en amont. »

Selon Kim, les banques alimentaires établies à partir de modèles caritatifs ne sont pas suffisantes pour traiter de l’insécurité alimentaire.

« Je voudrais que l’on mette davantage l'accent sur nos forces sociales collectives et sur la bienveillance. Il y a assez de nourriture pour tout le monde, et j'aimerais voir les gens mettre en place davantage de systèmes et de réseaux alimentaires de quartier qui permettent de connaître ses voisins et de partager avec eux des compétences, qu'il s'agisse d’aptitudes en matière de jardinage, de nutrition, ou encore d’organiser des ateliers alimentaires. »